Après plus de vingt ans au service des enfants du territoire, Yoko Lacressonière ouvre un nouveau chapitre de sa vie professionnelle. Ancienne directrice du périscolaire de La Vieille-Loye, elle se lance aujourd’hui dans une activité de traiteur japonais. Un projet mûri de longue date, guidé par un fil rouge : la transmission.
Après une formation de cuisine au Japon, Yoko arrive en France pour apprendre… à faire du fromage : elle intègre l’ENIL de Poligny où elle rencontre son mari. Après son diplôme, et un passage en Savoie chez un artisan reconnu pour sa raclette fumée, ils partent ensemble au Japon et créent une fromagerie fermière en vente directe, sur le modèle d’une AMAP.
Son défi ? Intégrer le fromage à la cuisine japonaise et faire évoluer les habitudes alimentaires dans un pays où le lait se boit plus qu’il ne se transforme. Communication, pédagogie, dégustations… Yoko s’attache déjà à transmettre, expliquer, rassurer. Malgré l’engouement des habitants, l’aventure s’arrête après quelques années, freinée par des contraintes réglementaires. Les savoir-faire, eux, restent dans la famille.
De retour en France, le couple s’installe dans le Val d’Amour. Yoko s’investit alors pleinement dans l’animation et devient directrice du périscolaire en parallèle de son travail à l’Hôtel de la Clairière de Chaux, qu’elle gère à mi-temps, et où elle développe notamment la restauration collective.
Au fil des années, une évidence s’impose : la cuisine est son langage universel. « La cuisine, c’est la partie de la culture la plus facile à transmettre », confie-t-elle. Présidente de l’association franco-japonaise de Dole depuis 2016, elle multiplie les occasions de partager sa culture.
En novembre dernier, Yoko franchit le pas et crée sa micro-entreprise : Le Kikuchi, son nom de jeune fille.
Son ambition ? Faire découvrir la vraie cuisine du quotidien au Japon. « Je ne fais pas que des makis et des sushis. Ce n’est pas ce que l’on mange tous les jours là-bas. » À travers ses bentos hebdomadaires et ses prestations pour les particuliers, les maisons de retraite ou les animations enfants, Yoko propose une cuisine familiale, authentique et accessible.
Attachée à son territoire, elle privilégie autant que possible les produits locaux : shiitakés cultivés dans la région, soja et tofu issus de producteurs de proximité, framboises et potimarrons (kabocha) du jardin familial… Une cuisine japonaise version locale et raisonnée, à la croisée de deux cultures.
Pour l’instant, son développement repose sur le bouche-à-oreille et son solide réseau local – un atout précieux après tant d’années passées au service des habitants.
À terme, Yoko imagine un atelier pour poursuivre ses préparations, cours et démonstrations, mais toujours en traiteur : pas de restaurant, l’envie étant bien de rester mobile et proche des gens.
Avec Le Kikuchi, Yoko Lacressonière ne change pas de vocation. Elle continue simplement à transmettre — autrement. Et dans chaque bento soigneusement préparé, c’est un peu du Japon qui s’invite dans le Val d’Amour.
